L'actu hors champ
Mardi 13 octobre 2026
Bon ! Une cyberattaque a saboté les systèmes frigorifiques de Coopérative U, Intermarché, Carrefour, Monoprix et E.Leclerc dans la nuit de dimanche à lundi. Mais ça tout le monde le sait !

Par contre, Robert Hall et Michael Woodford ont reçu le prix Nobel d'économie pour leurs modèles de stabilisation, qui ont permis aux banques centrales de mieux calibrer leurs interventions en période de crise. — (Euronews). Des enquêteurs français ont résolu l'affaire des tableaux de Renoir volés en combinant analyse ADN et traçage de véhicules, menant à des arrestations alors qu'un nouveau cambriolage était sur le point d'être commis. — (Euronews). Et Apple travaille avec des communautés autochtones à travers le monde pour intégrer des langues menacées de disparition aux claviers de ses téléphones, rejoignant ces locuteurs là où ils écrivent. — (Wired). Sinon : Dix semaines d'entraînement suffisent à des adultes, voyants comme non-voyants, pour apprendre à se repérer dans l'espace grâce aux échos de leurs propres claquements de langue. L'imagerie cérébrale montre que cette compétence modifie le cortex visuel lui-même. C'est bon ça. — (Futura Sciences). Le Fonds humanitaire pour Haïti, géré par les Nations Unies, a alloué 75 millions de dollars supplémentaires pour fournir nourriture, eau, soins et abris d'urgence à plus d'un demi-million de personnes déplacées. — (ONU Info FR). Et une technique appelée "bytéification" permet désormais de modifier des modèles de langage existants pour qu'ils analysent les textes lettre par lettre — une limite jusque-là considérée comme structurelle. — (Nature). Alors ça fait pas tout. Mais c'est déjà ça.

En Estonie, dans le quartier de Kalamaja à Tallinn, un chien errant nommé Žorik a passé près de quinze ans à vagabonder entre le port et le parking d'un petit centre commercial, nourri par des retraités russophone et adopté de loin par des hipsters estoniens qui lui ouvrirent même un café à son nom. Les agents de contrôle animalier ne parvinrent jamais à l'attraper — les habitants l'avaient surnommé "le chien fantôme", tant il semblait se volatiliser au dernier moment. Quand la vieillesse le fit s'endormir sur les rails du tramway, ses voisins le firent discrètement conduire à la campagne pour le mettre à l'abri — puis, ne supportant pas son absence, cotisèrent à 61 pour lui commander une statue en bronze. Elle fut inaugurée en octobre 2020, à l'endroit exact où il avait l'habitude de s'asseoir pour accueillir les passants, avec un chat lové à ses pieds — en hommage aux chats du quartier qu'il veillait dans son sommeil. — (Atlas Obscura).

Pas d'intox digne de ce nom aujourd'hui. À vous de voir si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle.

À Beauregard-les-Bains, alors que des dizaines de langues autochtones disparaissent sans laisser de trace écrite, Isabelle Dufour, directrice de l'école, a réuni ce matin ses élèves de CM2 autour d'une tâche simple : recenser les mots du patois local que leurs grands-parents utilisent encore. Chaque enfant en a rapporté au moins cinq. La liste compilée avant la récréation comptait quatre-vingt-trois entrées, dont sept que personne d'autre que Marinette Fourcade, quatre-vingt-neuf ans, n'employait plus. La seule surprise : Marinette Fourcade elle-même, contactée en fin de matinée, est venue en personne prononcer les mots pour que les enfants entendent la bonne façon — et n'est repartie qu'à l'heure du déjeuner. Tout le monde a trouvé ça normal. Pour autant, le dossier de rattachement de Beauregard-les-Bains auprès d'un État reste toujours sans réponse.

Strasbourg, 15°C, ciel nuageux. Ce soir, c'est escalade en salle — le temps gris dehors rend le choix encore plus simple.

Si vous avez appris quelque chose ce matin, tant mieux. Dans le cas contraire, reprochez-le nous... À demain.